The Gatekeepers

Publié: 4 mars 2013 dans FAÇON PUZZLE
Tags:

Arte diffuse le 5 mars « The Gatekeepers », un documentaire du réalisateur israéliens Dror Moreh, où s’entrecroisent les témoignages de six ex chefs du Shin Beth, le service de sécurité intérieure israélien.

http://www.arte.tv/fr/7308280.html

Ce documentaire, dans lequel ces hommes qui avaient ni plus ni moins en charge la survie de leur État et donc de celles et ceux qui y vivent, pose la question de savoir « si la démocratie peut survivre à un état de guerre perpétuel ? (cf « Le Monde » 1/03/13).

Gate Keepers

Et d’aucuns d’y répondre en disant bien sûr que non, et de prendre comme « preuve » de cette « vérité » la situation des Palestiniens liée à la politique israélienne.

LA CAUSE DE CEUX QUI CAUSENT

Il n’est pas question de nier la spoliation dont ont été victimes certaines populations de la Palestine. Mais l’Histoire de la région en a connu bien d’autres et le règlement de comptes n’est pas un avenir pour un peuple, quel qu’il soit, et notamment pour ses enfants.

Et, s’il est question pour les Palestiniens,de recouvrer ce que l’Histoire leur à pris, il est question de les Israéliens ni plus ni moins de survie, au sens propre du terme. Le but avoué de l’Iran, qui soutient entre autres le Hamas, c’est l’éradication d’Israël et de sa population, but partagé, sinon avoué, par l’ensemble des pays arabes, divisé certes en chiites et sunnites, mais unis dans cet objectif.

On admettra que cela a de quoi rendre nerveux les Israéliens qui, en matière de génocide, ont une expérience hélas aussi ancienne que contemporaine.

Certes , l’holocauste ne justifie pas, en soi, les colonies de peuplement, mais quand j’entends parler également de « génocide » à propos de la politique israélienne envers les Palestiniens, j’estime qu’il y a là une dérive sémantique, intellectuelle et morale aussi choquante que dangereuse.

Mais, comme je l’ai déjà dit dans ce blog, c’est pour certains intellos de gauche une cause monomaniaque. (L’une des caractéristiques historiques des intellos de gauche français est d’embrasser des causes peut-être estimables dans les principes proclamés, mais devenues détestables dans la pratique, par exemple l’Union Soviétique. Les intellos de droite ont, eux, embrassé en plus des causes détestables dans leurs principes, par ex. Céline et le nazisme, Roger Garaudy le révisionnisme).

Mais cela n’a pas empêché des esprits par ailleurs éclairés, comme Stéphane Hessel, d’être les défenseurs inconditionnels des Palestiniens. Cela montre, si besoin était, qu’avoir mené de justes combats, qu’avoir souffert dans son corps, ne fait pas nécessairement de vous un sage omniscient et intouchable qui a, ad vitam æternam, raison sur tout.  Le propre même de la statue du Commandeur est d’être en pierre, donc figée.

Répétons-le, les Palestiniens ne sont pas, et de loin, le seul peuple à plaindre sur cette planète. Mais leur situation est instrumentalisée, pour ne pas dire exploitée politiquement et/ou financièrement, par :

– les organisations dites représentatives telles le Hamas dont les responsables ont trouvé là une sorte de rente politique et financière à vie, notamment en canalisant ou en détournant à leur profit l’aide internationale (les Palestiniens de la Cisjordanie et de Gaza sont l’un des plus importants bénéficiaires d’aide internationale par habitant dans le monde)

– les États arabes qui, en désignant l’État hébreu comme cause de tous les maux de la région, en font une cible qui, s’appuyant sur une haine ancestrale, a servi de dérivatif à leurs propres populations et à leurs éventuelles revendications envers leur gouvernement. Cela du moins jusqu’aux « printemps arabes » qui ont provoqué la pamoison des mêmes intellos de gauche qui y ont vu , rien de moins, une leçon de démocratie et la justification de leur arabophilie (qui sent tout de même un peu trop le pétrole (avec un relent d’antisémitisme inavoué), mais on le sait, si ce carburant à une odeur, l’argent, lui, n’en a pas).

On l’a vu, ces bourgeonnements se sont vite transformés, comme c’était prévisible pour quiconque ayant un minimum de lucidité, en hivers islamiques, ces mêmes islamistes dont le but reste l’éradication de l’État d’Israël et de ceux qui y vivent et qui continueront donc à faire de la cause palestinienne un étendard dont le flottement permettra de cacher les agissements antidémocratiques et notamment le sort fait aux femmes.

DES HOMMES LIBRES

Revenons-en donc à ce documentaire qui, justement, démontre précisément que, et ce depuis sa création, Israël a été et reste à ce jour la seule démocratie du Proche-Orient. On attend encore ce type de documentaire auto flagellateur avec les témoignages de personnes-clés de l’État, émanant d’un pays arabe ou de l’Iran, voire même de la Turquie. Ce n’est pas demain la veille !

On peut certes critiquer la politique d’Israël à l’égard des Palestiniens, la politique des colonies de peuplement, et d’aucuns, en Israël même, ne se privent en pas de le faire, et ils ne sont pas mis en prison pour cela.

Un des protagonistes du film et ancien chef du Shin Beth, Ami Ayalon, a été membre de la Knesset, ministre sans Ami_Ayalonportefeuille, puis a quitté le parti travailliste. Comme on peut le lire dans Wikipédia, « dans la vie civile, il promeut l’initiative pacifique La voix des peuples avec le philosophe palestinien Sari Nusseibehle  elle propose deux États, avec Jérusalem capitale des deux États, le retrait israélien des Territoires occupés, et le retour des réfugiés limité aux territoires occupés. La pétition soutenant ce projet est signée par 400 000 Israéliens et Palestiniens. »

Un autre intervenant, Avrahom, Shalom, chef du Shin Beth de 1981 à 1986, a accepté de discuter de l’exécution sommaire de deux terroristes palestiniens qui avaient détourné un bus et menacé de tuer ses occupants si l’État hébreu ne libérait pas 500 prisonniers arabes. Après l’opération commando qui a libéré les otages, deux des Palestiniens furent exécuté sommairement sur l’ordre de Shalom. Le journal Israélien Hadashot a révélé l’affaire, malgré la censure militaire (et oui, la censure militaire, ça n’existe pas seulement qu’en France au temps d’un gouvernement socialiste qui intervient au Mali…). S’en ont suivi scandale, enquête, procès, protestations publiques, et démission de Shalom qui a néanmoins accepté de parler de cette affaire dans l’une des 7 parties qui composent ce documentaire dont le moins que l’on puisse dire est qu’il est extrêmement critique de la politique de l’Etat hébreu envers les Palestiniens.

Le film a été présenté pour la première fois au festival du film de Jérusalem, en juillet 2012, en présence des six ex chefs du Shin Beth interviewés dans le film.

Ce qui ressort principalement des déclarations de ces 6 hommes dans le film est qu’en fin de compte, ceux qui gagnent sont les terroristes islamistes et les extrémistes de droite israéliens. Comme le dit dans la dernière scène du film Ami Ayalon, « Nous gagnons toutes les batailles, mais nous perdons la guerre »

PARADOXE FATAL

Donc ce film a un effet paradoxal. D’une part, il va être instrumentalisé par les pro-palestiniens pour justifier tout ce qui sera fait au nom de la cause, et d’autre part, il prouve, par son existence même, qu’Israël n’est pas une dictature fasciste comme d’aucuns l’affirment, et par effet miroir, il montre, toujours par son existence même, les déclarations de ses protagonistes, sa libre diffusion, que tout ceci serait impossible dans les pays arabes et en Iran, dont les gouvernements et les populations, ouvertement ou non, veulent la destruction de l’État hébreu et de sa population.

Mais au-delà, puisque la question posée par une quotidien de référence comme Le Monde est donc de « savoir si la démocratie peut survivre à un état de guerre perpétuel ? », il serait tout autant légitime de se poser la question  de savoir si Israël aurait survécu sans cet état de guerre perpétuel et les atteintes à la démocratie que cela implique (que je sache, la décision d’intervenir au Mali n’est pas passée par le Parlement, ce que je trouve, pour ma part, tout à fait «normal», c’est le cas de la dire).

september-11-attentats-terrorismeLe propre même, la raison d’être, et le principal dommage du terrorisme, au-delà des assassinats, de l’embrigadement des gens et ses esprits, n’est-ce pas justement de mettre les démocraties dans un dilemme irrésoluble : soit rester des démocraties angéliques, strictement légalistes et, à terme, périr, soit gérer le terrorisme à court terme, car celui-ci crée sans arrêt des urgences, et ne rien résoudre à long terme. Le terrorisme, comme tout extrémisme politique, vit de la situation qu’il prétend combattre. Si celle-ci cesse, le terrorisme et ceux qui en vivent directement ou indirectement (en instrumentalisant ceux qui en meurent en « martyr » ou en détournement le mécontentement de leurs populations), n’ont plus de raison d’être.

MUNICH

Bien entendu, la question israélo-palestinienne s’inscrit dans un contexte géopolitique plus large. Si le XXème siècle a été celui de l’affrontement entre les démocraties capitalistes occidentales et les régimes dits socialistes (là également en instrumentalisant les pauvres, c’est à dire le Tiers-Monde), ce siècle (et ce n’est pas sans raison que symboliquement, il a véritablement commencé le 11 septembre 2011) sera celui de l’affrontement entre les démocraties et les régimes islamistes. Par « islamiste », j’entends ceux qui veulent instaurer des régimes où il n’y a pas, dans les lois et dans les faits, de séparation stricte entre la religion et l’État. Certes, ceux qui se réclament de l’islam ne sont pas tous des islamistes. La différence entre un musulman et un islamiste, c’est qu’un musulman se préoccupe de son rapport avec Dieu, tandis qu’un islamistes s’occupe du rapport de son voisin avec Dieu

Mali 2Par une sorte d’ironie suprême de l’histoire, c’est celui qui voulait être un président « normal » qui a engagé une des premières batailles avouées de cette guerre. Car au Mali, il ne s’agit pas simplement, si j’ose dire, de libérer, de séparer les belligérants. Non, il s’agit ouvertement d’éliminer les terroristes. Au Vietnam, les Américains appelaient cela « Research and destroy ».

PARTAGE DES RÔLES

La France joue ainsi, sur son pré carré africain, son jeu dans le grand jeu politico-guerrier du partage des rôles, De Iranmême, malgré les déclarations des uns et des autres, Obama y compris, Israël est peut être chargé du sale boulot, par exemple en éliminant la menace nucléaire iranienne, avec les risques de déflagration qu’on imagine.

Mais étant là encore en première ligne, l’État hébreu a-t-il le choix ? S’il ne se défend pas bec et ongles, Israël sera rayé de la carte. S’il attaque l’Iran, il sera la cible de tout le monde musulman et s’en suivra peut-être un conflit quasi planétaire.
D’aucuns pensent donc tout bas que cela ne vaut pas la peine et qu’il faut sacrifier cet État et sa population sur l’autel de la paix, comme on a sacrifié la Tchécoslovaquie à Munich.

Et on ne m’empêchera pas de penser que pour certains, y compris pour bon nombre de défenseurs acharnés de la « cause palestinienne », ce ne sera jamais qu’un autre « détail de l’histoire ».

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s