Les écolos

Le ver est dans le fruit

Pour ma modeste part, j’ai toujours été très méfiant (c’est un euphémisme) envers les écolos.

– Tout d’abord, le terme d’ « écologie », que le grand public assimile à la protection de l’environnement ou à un environnement préservé (« naturel ») est inadéquat.
Comme l’aimait à rappeler un éminent professeur de la faculté de Droit de Nice, spécialiste et même précurseur en matière de Droit de l’Environnement, il existe une « écologie du tas d’ordure » et je renvoie donc au Larousse pour vérifier la lexicologie.

– Ensuite, la notion « d’écologie politique » est un fourre-tout idéologique, qui relève du tout et n’importe quoi. S’il s’agit de prendre en compte les enjeux environnementaux – de plus en plus cruciaux – dans la décision politique, cela ne me choque pas. Mais quand cela tourne à l’intégrisme, au terrorisme vert, à l’arrachage sauvage de cultures OGM par exemple, et à donner son opinion dans des domaines qui n’ont à voir avec l’environnement qu’en vertu du « tout est dans tout », cela m‘interpelle en ce sens que j’ai appris à me méfier des explication univoques, globales, définitives, et donc, en dernière instance (suivez mon regard), réductrices et totalitaires.

– Et puis, mais peut-être est-ce générationnel, cet amour à la fois babacoolesque et archaïsant de la nature (donc seuls les ignorants ignorent la profonde cruauté) évoquent en moi la formule pétainiste « La terre ne ment pas ».

J’ai plus de sympathie pour les Verts d’outre-Rhin qui proposent des solutions concrètes dans leur domaine et laissent aux syndicats ouvriers le soin de mener avec exigence mais aussi réalisme, contrairement à leurs homologues français, le dialogue social. (et ça marche !).

Enfin, je me méfie de ceux qui annoncent haut et fort qu’ils vont « faire de la politique autrement ». C’est comme les « purs et durs » du genre « plus à gauche que moi tu meurs ». Ce sont généralement les plus magouilleurs, les plus manœuvriers et les plus corrompus.

Certes, pas tous. Mais je me réserve , au cas par cas, le droit d’inventaire et de vigilance.

Mais baste, tout ceci relèverait du débat d’idées si l’ « écologie », puisque que c’est – à tort comme je l’ai dit plus avant – désormais le vocable consacré si très vite, n’était pas très vite, pour ne pas dire dès l’origine, devenue un fonds de commerce électoral pour les opportunistes, ambitieux et mercenaires politiques de tous poils. (l’exemple du 7ème canton niçois est édifiant : un pseudo-écolo, en fait un sous-marin de la droite locale, s’est présenté uniquement pour faire battre la candidate de gauche Dominique Boy-Mottard ).

Autre exemple, on a vu les communistes (enfin ce qu’il en reste fondu dans le Front de gauche, autre ratatouille politicarde) d’une grande ville de la Côte s’intéresser soudain à « l’écologie », s’intituler « les élus de la gauche et de l’écologie », constituer un groupe d’environ 20 personnes se réunissant ou défilant tour à tour sous les drapeaux du PCF, de la CGT, du Front de Gauche, avec la complaisance des médias qui ne montrent généralement que la moitié « pleine » de la petite salle de réunion.

Or, je dis cela pour les jeunes, le Parti Communiste dans les Alpes-Maritimes est ce qui reste de l’une des fédérations communistes les plus staliniennes de France, acoquinée avec le médecinisme pour saborder les velléités électorales des socialistes, du temps, bien lointain, où celui-ci était « un parti sûr de lui et dominateur ». Je veux bien croire qu’ici et là, certains petits camarades « jouent le jeu » mais je conseille de faire comme disait l’autre, à savoir certes de pardonner à ses ennemis, mais de garder la liste.

Bien entendu, cet opportuniste « Verdiste » (rien à voir avec le grand Giuseppe) n’est pas l’apanage des « Rouges » et l’on a vu apparaître des candidats écolos venant de tous horizons, qui avaient vite décelé dans l’étiquette écologique le vecteur de leurs ambitions.

D’ailleurs, on peut faire le parallèle avec le « green washing » qui a envahi notamment nos écrans publicitaires. Des lessives aux automobiles (y compris les 4X4 !) en passant par les fringues et la bouffe, tout contribue à « sauver la planète » ce qui me fait penser au paradoxe – certes quelque peu caricatural – que l’on soulevait dans les années 70 voulant que plus on écrivait de livres et plus on imprimait d’affiches pour préserver la forêt, plus on abattait d’arbres pour faire de la pâte à papier.

Ne nous y trompons pas. Avec la crise persistante (« Moi président, je décrète la croissance », ça ne marche pas), Aubry en embuscade, Mélanchon le couteau entre les dents et – dans la grande tradition communiste – prêt à poignarder le gouvernement socialiste dans le dos au nom de la sempiternelle « vraie politique de gauche », les écolos d’autant plus incontrôlables qu’ils sont groupusculesques, et le FN prêt à se capitaliser sur tout ce qui apparaîtra, à tort ou à raison, comme une « preuve » du « laxisme socialiste », l’avenir de ce gouvernement socialiste n’est pas rose. La traversée du désert de la droite ne durera pas 40 ans.

Mais ceux qui sont actuellement dans l’oasis auront le temps d’arrondir leur pelote pour la retraite et de faire des provisions de dattes, des dattes « bio » évidemment. (JUIN 2012)

Ci-dessous l’hilarant clip des Guignols

POST-FACE 1

Il semble  que suite à leurs résultats désastreux,les écolos commencent – il serait temps – à se poser des questions . Fin juin dernier, dans Libé, Daniel Cohn-Bendit, en bon trotskiste qu’il est, se dédouane des catastrophes qu’il a contribué à engendre en déclarant : « Notre image est devenue détestable. Nous incarnons souvent l’insoutenable légèreté de l’arrivisme » et d’ajouter le lendemain, selon une dépêche AFP : « EELV est maintenant un parti hiérarchique, autoritaire. Et surtout, on a peur des débats. Dès qu’il y a un problème, on se cache. ».

Dans un « Point de vue » du Monde du 16 08 2012, Corinne Lepage  écrit en substance : « Assurer le mariage de l’économie et de l’écologie sans oublier la dimension sociale, en faisant en sorte que toute décision soit la meilleure sur les trois plans de manière systématique : telle devrait être la doxa de l’écologie responsable. » . Beau, mais vaste programme.

Elle ajoute : Cette nouvelle alliance pour un progrès soutenable n’est pas seulement d’ordre sociétal. Elle est aussi politique. Il s’agit de construire une alliance politique, fondée sur la base et non sur le sommet, sur le pragmatisme et non sur des idéologies dépassées, sur le retour au bon sens et à la proximité et non sur la virtualité, sur une confiance dans le renforcement de l’Europe politique et non sur un renfermement hexagonal.

 Au sus et au vu de ce qu’ont été les écolos en France jusqu’ici, c’est très mal barré, comme l’était le drakkar électoral d’Eva Joly.

Post Face 2

On apprend que l’inoxydable Ségolène Royale, sera absente – cela se comprend – de l’université d’été du Parti socialiste à la Rochelle fin août. (Après l’avoir annoncé par communiqué de presse, elle dit que c’est un « non-événement ». Mais c’est quand même de la com.) Elle participera, par contre, à l’ouverture des journées d’été d’Europe-Écologie Les Verts « en tant que présidente de la région, de région écologique ». Je serai dirigeant d’EELV, je me méfierais.

Pendant les journées de la Rochelle, Ségo sera, aux frais (surtout que c’est l’hiver là-bas) de la Princesse (la Princesse, ce sont entre autres, les cotisations des militants, et les aides d’État, soit chaque année près de 30 millions d’euros composés de 12,79 millions issues des voix recueillies aux dernières Législatives et des 18 millions correspondant au nombre de députés PS élus) , en Afrique du Sud pour préparer, en sa qualité de vice-présidente, le congrès de l’Internationale socialiste. Le capitalisme international est donc sur ses gardes.

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commentaires
  1. Claudio dit :

    On se régale à chaque paragraphe, Cher Commandant. C’est juste de bout en bout. La preuve, ces vérités-là sont inaudibles au plus grand nombre.
    Pour l’anecdote : J’ai une réponse systématique aux distributeurs de tracts « écolos » durant les campagnes électorales qui consiste à refuser leur propagande imprimée parce que je préfère les arbres. Le militant interloqué reste souvent bouche bée… et s’en va raconter sa mésaventure à ses camarades « bûcherons ».

  2. Je trouve qu’il y a un peu d’injustice dans ce billet vis-à-vis de Dany. Cela fait longtemps maintenant qu’il se démarque des Verts français et notamment de leur tendance à vouloir à tout prix coller à « la gauche de la gauche » (je ne fais pas mienne cette expression : je ne l’utilise que par commodité). Il n’a pas raté récemment les vacances Mélenchon au pays de Chavez…

  3. J’avoue ne pas suivre très attentivement les prises de position de DCB, mais dans mon post, en post face 1, je donne un exemple de la distance qu’il sait prendre avec le mouvement auquel il appartient, ayant visiblement acquis, avec l’âge, un réalisme tranchant avec certains délires de ses congénères, car contrairement à ce que certains pensent, en politique, le réalisme n’est pas un renoncement, c’est une exigence. Il semble en effet qu’il ait intégré le concept.

  4. Je dois dire que depuis maintenant quelques années, DCB est l’une des personnalités politiques avec lesquelles je me sens le plus souvent en phase.

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