Mélenchon

Il a été omniprésent dans les médias pendant la campagne dont il était la « révélation ». C’était quasiment « A star is born » ou plutôt un tribun était né et d’aucuns n’ont pas hésité à évoquer Jaurès (d’autres, plus malicieux, Fidel Castro). C’était le « grand perturbateur », le clé de voute de la future Assemblée,  et on allait voir ce que l’on allait voir. Résultats : 11,11 %, 6 % derrière Marine Le Pen qui, à Hénin-Beaumont, a fait 48,21 %, et lui 21,5 %, derrière le socialiste. A avoir trop abusé de la langue de bois, le gros rouge en a aussi attrapé la gueule. Visiblement, «le peuple» qu’il a tant invoqué n’a pas entendu sa grande gueule. Je précise au passage que ce représentant auto-proclamé du « peuple »  au Parlement Européen n’y met quasiment jamais les pieds ( tout comme Marine Le Pen d’ailleurs, qui le bat là-aussi largement, mais c’est en matière d’absentéisme),  sauf pour signer la feuille de présence, ce qui lui permet de toucher, comme ses collègues, 5963,33 €/mois après impôts, + une «indemnité  forfaitaire de frais généraux» de 4202 € / mois + une «indemnité de subsistance de 298 € par jour d’activité officielle (là-aussi, il suffit de signer le registre de présence) + le remboursement des frais de transport pour assister aux réunions et 2/3 de réduction en 1ère classe . (Cela paye d’être révolutionnaire !). La question de Lénine «Que faire» reste donc d’actualité et Mélenchon n’a pas trouvé la réponse. Les incantations, les invectives, les coups de gueule ou de menton, la  diabolisation «hard» ou «soft» de (ou des) l’adversaire (s), justifiée ou non, ne constituent pas un programme électoral crédible et comme nous sommes en démocratie, il faut en passer par là en attendant le Grand Soir (pourvu que ce ne soit pas au soir d’une journée de championnat de Ligue 1). Et si c’est le peuple qui est con (par exemple en votant Le Pen,) alors, à quoi servent les élections  ? Pas à le convaincre puique les candidats, dans les meetings, ne s’adressent qu’à leurs  partisans dans ces sortes de grand messes masturbatoires de plus en plus « à l’américaine », à droite comme à gauche, avec drapeaux, T-Shirts, musique pop, les « people » sympathisants, le tout uniquement destiné à créer de l’image médiatique et à sortir, avec des grands mots,  des « petites phrases » dont les médias font leur beurre. Cet été, il semble que la révolution soit elle-aussi en vacances. (Le Grand Soir peut attendre, il en a l’habitude). On n’a quasiment pas entendu Mélenchon sur la Syrie, les fermetures d’usine, la crise et la gabegie des Jeux Olympiques. Quoi ? le tribun ne dénonce pas cet abrutissement des masses par le pain (façon fast food)  et les jeux ! A plus d’air dans ses gonflettes le Jean-Luc ? A laissé tombé sa faucille et son marteau, a pris sa pelle et son râteau et est retourné au tas de sable ? Y boude ? Qu’on se rassure. La démagogie, fille bâtarde de la démocratie, a toujours un grand avenir devant elle et Jean-Luc n’a certainement pas renoncé à lui passer la bague au doigt. Mais c’est Hollande qui ne sera pas à la noce.

DERNIERE MINUTE : Mélenchon s’est réveillé ! Il faisait ses devoirs de vacances et préparait sa rentrée. Et comme je l’avais prévu (mais il ne fallait pas être grand clerc pour cela tant ce mec est prévisible), Hollande en prends plein sa « normalité dans deux pages du JDD (19 08 12) et tir à gros boulets sur Hollande sur le thème « Cent jours pour presque rien » et fait de la mélanchie classique dans le style « plus à gauche que moi, tu meurs » : « Pourquoi ne pas avoir passé la loi sur les licenciements boursiers ? (…) Et la loi bancaire ? Il fallait marquer un rapport de force avec la finance (…) ! Il faut faire le boulot maintenant ! L’atermoiement continu laisse les mains libres à la finance ! Assez temporisé ! ». Bien entendu, au-delà du positionnement stratégique et du plan Com, tout ce qu’il dit n’est pas idiot, loin de là. Mais n’étant pas aux manettes, il peut se payer le luxe de dire « Y’a qu’a, faut que », mais non de préciser   » Quoi, qui, comment, où  » et d’expliquer les conséquences des décisions qu’ils préconise (et qui, si elles étaient prises, lui enlèveraient son fonds de commerce).  

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